Tous uniques, tous identiques...

Il n’est pas nécessaire d’avoir étudié la philosophie pour savoir que l’existence d’autrui, des autres, conditionne ma propre existence ainsi que le regard que je porte sur moi même, en gros. Un enfant privé de l’existence des autres développe des carences psychoaffectives graves. C’est important « les autres ». C’est comme un miroir dans lequel on se cherche, on se trouve parfois, on se perd souvent… Dans l’autre, dans la vie de l’autre, dans son regard, dans ses gestes, dans ses mots, c’est soi même que l’on voit. Toujours.

 

On voudrait bien échapper à cette forme d’altérité, à cette forme de pouvoir de « autrui » sur le « je » mais c’est impossible car inhérent à la condition humaine.

L’autre constitue une partie de moi. C’est comme ça.

 

En ce sens, quand on juge l’autre, quand on le hait, quand on le fuit, c’est soi même que l’on juge, que l’on hait, que l’on fuit.

L’autre est bien pratique pour servir de réceptacle à nos propres misères. Ce constat pourrait être bien pessimiste, bien négatif. Pourtant, si on a envie d’apprendre quelque chose, d’avancer dans la connaissance de soi, de progresser vers le respect et l’amour de soi même, on pourrait prendre conscience de tout ça et c’est comme si ce miroir a des tas de choses à nous révéler.

 

Observer ce que l’on déteste chez l’autre pour savoir ce que l’on déteste chez soi même. Observer ce que l’on craint chez l’autre pour savoir ce que l’on craint chez soi même. Accepter que tout ce que l’on voit chez l’autre n’est que le miroir de ce qui existe en vous. Si l’on était pas porteur, soi même, de tel ou tel travers, tel ou tel défaut, telle ou telle noirceur, on serait incapable de le distinguer chez l’autre, parce que cela ne ressemblerait à rien de ce que l’on connaît.

 

Qu’est ce qui fait que l’on critique si bien la jalousie, l’égoïsme ou la malhonnêteté de l’autre et que l'on s'y attache avec autant de perspicacité dans le jugement? Eh bien c’est tout simplement que l’on porte en soi la jalousie, l’égoïsme ou la malhonnêteté. Si on ne portait pas en soi ces travers, on serait capable de les observer, mais cela n’aurait aucun impact sur nous, on ne jugerait pas, on ne critiquerait pas, on ne perdrait pas de temps et d’énergie à monter en épingle et à ressasser tout cela. Et si on le fait, c’est parce que cela fait résonner particulièrement la partie de nous qui est porteuse de cela.

 

Essayez d’observez ce que vous critiquez chez les autres et prenez conscience de ce que cela révèle en vous. C’est difficile, certes, mais c'est une manière de prendre conscience de ses propres faiblesses, de les reconnaître et de les accepter. C’est déjà beaucoup et c’est un très grand pas vers une forme de libération, d’amour et de respect de soi

 

Ah oui, j’allais oublier : pour parvenir à cette libération, cet amour et ce respect de soi, il faut être prêt à laisser tomber sa posture de victime des autres, cesser de penser que l’on vit ceci ou cela à cause des autres, en finir une bonne fois pour toute avec cette idée absurde que tout est de la faute des autres… En un mot, être prêt à devenir responsable de sa propre vie. 

 

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